pipi cacaMercredi 21 mai 2008 Vendredi dernier, ma collègue ayant eu besoin d’un matériel en salle de musique de troisième division, a eu la mauvaise surprise de trouver la salle dévastée, des élèves indélicats ayant volé la clé du placard, jeté le matériel à terre, l’ayant mouillé, pour être certains qu’il ne fonctionnerait plus, et ayant uriné et déféqué au niveau des estrades afin d’être certains d’ajouter le répugnant au lamentable. Certes, lorsqu’un établissement accueille plus de deux mille jeunes, on ne peut pas être certain de ne pas trouver, au milieu d’une telle foule, des individus perturbés, voire désaxés ; cependant, on est amené à se demander quelles valeurs les familles développent auprès de ces mêmes jeunes pour que l’idée leur vienne seulement à l’esprit d’adopter un tel comportement, lâche, mesquin, stupide aussi, car le matériel abîmé est celui qui permet aux enseignants d’animer les cours agréablement. On aurait envie de dire un comportement bestial, mais, comme l’a dit naguère l’humoriste avec beaucoup de désillusion sur la nature humaine, le mot est impropre, car seul l’être humain a des attitudes aussi ineptes ; mélanger ses excréments à son lieu de vie, les bêtes ne le font pas. Le vandalisme ayant été prémédité – la manière dont la porte s’est retrouvée opportunément ouverte le prouve – on est également amené à se proposer des réponses bien désagréables aux questions que suscite immanquablement de tels actes : quel est le degré de perversion des élèves qui se sont livrés à cela ? Quel est leur âge mental, aussi ? Car enfin, casser ses jouets et faire pipi partout, en théorie, c’est une attitude qu’on trouve en crèche, et, pour les plus immatures, en maternelle ; passée l’école primaire, on adopte le langage articulé, l’argumentation et le dialogue. Qu’est-ce qui pèche chez nos jeunes pour qu’ils choisissent une telle régression ? Qu’ont-ils voulu prouver par une sottise aussi coûteuse et malpropre ? Bien sûr, il y aura enquête, bien sûr, il y aura remous dans l’école ; et ensuite ? Une fois les coupables sanctionnés, une fois la salle nettoyée, il restera tout de même l’impression bien décevante qu’en proposant à nos collégiens un matériel neuf et performant, en mettant sur l’estrade des enseignants convaincus, dévoués et enthousiastes, en imaginant sans cesse le meilleur pour les intéresser, on donne parfois de la confiture aux cochons. Il reste à souhaiter que ce qui est nécessairement le fait d’une poignée d’imbéciles ne décourage pas mes jeunes collègues enthousiastes ; il reste à souhaiter que les élèves normaux sachent réagir avec l’intelligent dégoût qu’on est en droit d’attendre de jeunes gens qu’on prend la peine de mettre en école privée pour diriger leur éducation selon des règles, des normes et une certaine philosophie ; il reste à souhaiter qu’on ne connaisse plus jamais ce type d’attitude, qui relève du droit commun plus que de ce que doit vivre une école. Votre bien dégoûtée, ...
Le Samedi 07 Novembre 2009
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